Dans quelques jours s’ouvrira à Toulouse, le procès le plus spectaculaire de la décennie. Plus de 1 200 personnes sont attendues dans la salle d’audience délocalisée Salle Jean Mermoz, pour la tenue d’un procès-fleuve de plus de 4 mois. Si la justice a conclu à un accident par mélange de deux produits incompatibles, d’autres voix se font entendre, notamment celles de journalistes qui ont enquêté depuis l’origine et ne cachent pas leurs interrogations sur l’enquête et l’instruction. 

Alors que le procès AZF s’ouvre lundi à Toulouse, trois livres viennent contredire la thèse retenue par l’instruction. Dans ces ouvrages, diverses thèses sont proposées, de l’attentat à l’arc électrique, en passant par l’UVCE (explosion de gaz à l’air libre). Ces thèses évoquées en début d’enquête par l’instruction ont rapidement été exclues sans qu’aucun élément probant ne permette de les écarter définitivement. De fait, le doute plane toujours et les Toulousains ne se satisfont pas des explications avancées par l’instruction. Alors, entre pistes inexplorées et vérité difficile à démontrer, espérons que le procès apportera de nouveaux éclairages et donnera aux Toulousains le sentiment que la lumière aura enfin été faite sur les circonstances de cette explosion qui a fait 31 victimes et soufflé tout le Sud de la ville. En attendant l’ouverture lundi de ce procès, quelques éléments de synthèse de ces ouvrages dont une lecture attentive permettra une meilleure compréhension des débats à venir. 

Publié il y a un mois, seul ouvrage coécrit par un Journaliste qui a vécu la catastrophe à Toulouse et qui s’est depuis passionné pour la recherche de la vérité
« AZF l’enquête assassinée » de Jean-Christian Tirat et Franck Hériot -Plon
C’est certainement le livre référence sur l’affaire, ne serait-ce que par son succès de librairie. Toutes les pistes sont évoquées sans parti pris ou conclusion définitive en faveur de l’une ou l’autre thèse. Les informations précises montrent la connaissance approfondie des auteurs pour leur sujet et s’appuient sur un méticuleux travail d’investigation complété de recoupements minutieux. Les nombreuses zones d’ombres qui demeurent une fois le dossier judiciaire refermé y sont décortiquées avec une précision rare. Très troublant, ce témoignage anonyme d’un policier en fin de livre qui estime que le procureur n’a pas permis que l’enquête soit menée dans toutes les directions. Viendra-t-il le dire à la barre ?
L’enquête continue sur le site internet régulièrement remis à jour, comprenant de nombreux documents écrits et audio : http://www.azf-enqueteassassinee.typepad.com 

Sorti en septembre dernier, un ouvrage rigoureux et scientifiquement fouillé :
« AZF : un silence d’État » de Marc Menessier – Le Seuil
Journaliste scientifique au Figaro, l’auteur qui a travaillé sur cette affaire avec Anne-Marie Casteret de l’Express, aujourd’hui disparue mais reconnue pour son travail d’investigation notamment dans l’affaire du sang contaminé, défend essentiellement la thèse de l’attentat. Dans cet ouvrage, une évocation précise des principales pistes avec une mise en exergue tout à fait convaincante des contradictions du dossier et en particulier du manque de rigueur scientifique de certaines expertises. La justice a – comme les responsables politiques de l’époque – évacué très rapidement cette thèse et les preuves si elles existaient risquent d’avoir depuis longtemps disparu…
Un site internet est dédié également à cet ouvrage :
http://www.azfsilencedetat.com 

Enfin, le dernier ouvrage en date publié sur le sujet :
« AZF une vérité foudroyante, une affaire d’État » par Guillaume d’Alessandro – Editions J.-C. Gawsewitch
C’est alors qu’il travaille pour France 3 Sud que ce journaliste entend parler d’une piste électrique qui pourrait expliquer l’explosion du hangar 221 de l’usine AZF à Toulouse. Des témoignages précis viennent étayer son propos mais la justice, qui a étudié cette thèse, n’est jamais parvenue lors des reconstitutions à faire détonner quoique ce soit sur ce principe. Elle a donc été exclue par l’instruction, mais quoi qu’il en soit, cet ouvrage comme les autres a le mérite de présenter une vision différente de cette affaire et permet au lecteur de se poser des questions nécessaires quelques jours avant le procès.