Certaines parties civiles dénoncent des différences de traitement et le Procureur une violation du secret de l’instruction !

Créé par le 15 mar 2009 | Dans : justice / azf

Cette semaine, le tribunal correctionnel de Toulouse se penchait principalement sur les questions techniques concernant l’usine, son fonctionnement ainsi que les questions de sécurité. Les témoignages furent essentiellement techniques mais ont laissé apparaître certains éléments qui irritent certaines parties civiles.

Ainsi mardi, alors qu’étaient entendus deux chimistes renommés (le Professeur Armand Lattes et le Professeur Bernard Meunier), le Procureur les accusa-t-il de violation du secret de l’instruction puisque n’étant pas partie civile, ils n’avaient a priori par à avoir connaissance des produits incriminés et des expertises réalisées. Ces deux témoins (dont on peut d’ailleurs s’étonner qu’ils ne soient pas experts) ont admis qu’ils avaient effectivement par différents biais eu connaissance de certains éléments de ce dossier. Ceci dit l’ingénieur de l’armement Quichon qui devait déclarer qu’il avait rencontré les experts nommés par le juge d’instruction et tenir ses sources de la presse, mais qui soutient la thèse officielle, ne se vit pas questionner sur ce point.  Cette attaque du Parquet est tout de même très curieuse quand on sait qu’une grande partie du dossier de l’instruction et notamment les expertises pouvaient être consultée sur internet en accès libre jusqu’en février 2008 ! Que fait la justice !!!!

D’autres part plusieurs parties civiles, celles qui généralement ne sont pas en accord avec les conclusions de l’instruction, l’Association Mémoire et Solidarité, par la voix de son Président Jacques Mignard mais aussi Monique Mauzac et d’autres certainement moins connues, s’étonnent des différences de traitement entre les témoins selon que leurs dires viennent ou non étayer les thèses de l’accusation. Comme le soulignait en fin de semaine Madame Mauzac, « si ce procès n’est en fait qu’une condamnation jouée d’avance, qu’on nous le dise, on ne perdra pas 3 mois à écouter des contre vérités et à attendre une vérité qu’on semble nous refuser ». Certains médias, dont le Blog Finance, s’étonnaient également, cette semaine, du traitement particulièrement à charge de la part du Président du Tribunal à l’encontre des principaux accusés et plus particulièrement de Serge Biechlin.

Le Président Thomas Le Monnyer insistait au début du procès sur le fait que ce procès serait une réussite si toutes les pistes étaient exposées sans a priori, il ne semble pas à ce jour d’après ces parties civiles que ce soit totalement le cas ! A suivre …

La troisième semaine sera consacrée au fonctionnement de l’usine

Créé par le 10 mar 2009 | Dans : justice / azf

Après une première séance, vendredi lors de laquelle une première présentation de l’usine et de son fonctionnement fut à l’ordre du jour, la troisième semaine du procès AZF s’ouvre aujourd’hui. Elle sera consacrée à l’usine AZF dans ses moindres détails. Toute la semaine, le Tribunal entendra des experts en organisation du travail, chargés de la sécurité des pôles industriels ainsi que des anciens salariés afin de comprendre comment fonctionnait AZF Toulouse, quels étaient les bons ou les mauvais points et si cela a pu avoir une incidence sur les événements survenus le 21 septembre 2001.  La première semaine du procès avait été consacrée principalement à des questions de droit et avait amené le tribunal correctionnel de Toulouse à désigner deux prévenus complémentaires, le groupe Total et M. Thierry Desmarest, PDG du groupe au moment des faits (si toutefois la citation directe est recevable, ce que combattent le Procureur de la République et la défense). Les témoignages de victimes, des secours et des associations qui se sont constituées après l’explosion ont été les points marquants de la seconde semaine de ce procès prévu pour durer 4 mois, sous la Présidence de Thomas Le Monnyer. 

Rappelons que la justice a, après une longue instruction, renvoyé M. Serge Biechlin et le groupe Grande Paroisse (aujourd’hui GPN) devant le tribunal correctionnel pour avoir le 21 septembre 2001 causé par mélange de deux produits incompatibles (le nitrate d’ammonium et le DCCNa – dérivé chloré) l’explosion de l’usine AZF à Toulouse et avoir ainsi provoqué la mort de 31 personnes, en avoir blessé des milliers d’autres et avoir endommagé près de 30 000 logements. 

Chantal Jouanno convoque des Etats Généraux du risque industriel

Créé par le 10 mar 2009 | Dans : environnement / prevention des risques

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Alors que depuis 3 semaines, le procès AZF s’est ouvert à Toulouse, Chantal Jouanno, Secrétaire d’État chargée de l’Écologie, a écouté les demandes insistantes des associations et plus particulièrement de France Nature Environnement (FNE) et décidé d’organiser des États Généraux sur les risques industriels.  

 Joint ce jour le Secrétariat d’État n’est pas encore en mesure de donner une date pour la tenue de la première rencontre qui devrait avoir lieu en avril mais promet que tout sera mis en œuvre afin que tous les acteurs soient présents et puissent prendre de nouvelles mesures destinées à renforcer la loi Bachelot. Cette loi votée en 2003, en réponse à l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse avait mis en place les plans de prévention des risques technologiques. Si de nombreuses études ont déjà été réalisées dans les installations industrielles et classées, ces plans n’ont pas été mis en place à la vitesse espérée et la Secrétaire d’État estime qu’il y en a encore au moins 423 à mettre en œuvre. Tandis que le responsable des risques industriels de FNE, Marc Sénat, insiste sur le fait que seuls 5 de ces plans de prévention ont été réalisés.  

Cette lenteur semble s’expliquer par la complexité à mettre en place la législation actuellement en vigueur. Celle-ci oblige les industriels à réduire les risques à la source ou lorsque cela est impossible à créer des périmètres de sécurité suffisants. La mise en place de ces périmètres qui oblige à des expropriations,  est souvent très longue quand ce n’est pas le coût soci al de telles opérations qui fait reculer les décideurs.  

En attendant de voir ce que le Gouvernement peut mettre en œuvre pour rendre ces réglementations plus performantes, ceux qui furent les acteurs du Grenelle (administration, élus locaux, syndicats, entrepreneurs et associations) s’apprêtent donc une fois encore à se retrouver pour apporter des solutions concrètes à un problème qui inquiète de plus en plus les Français. 

La parole donnée aux victimes

Créé par le 05 mar 2009 | Dans : justice / azf

Depuis le début de ce procès il y a près d’une semaine, on ne les a presque pas vues et encore moins entendues, discrètes, attentives aux débats, les familles des victimes ont été jusqu’à aujourd’hui les grandes absentes des débats. Il était donc temps de leur donner la parole afin qu’elle donne un visage à cette catastrophe qui avant d’être un drame industriel et avant tout un drame humain. 

Émus mais pas résignés ils vont se succéder à la barre avec leurs doutes et leurs espoirs de pouvoir enfin faire leur deuil, Madame Ledoussal, dont le mari Thierry était responsable environnement de l’usine, répète les paroles prémonitoires de ce dernier « il n’en faudrait pas beaucoup pour ça saute » et continue de regretter que l’ordinateur de son époux n’ait pas été retrouvé, tandis que ses enfants évoquent une enfance volée. 

La sœur de Bernard Lacoste, dont le père décédé récemment était resté proche des ouvriers, ne les accable d’ailleurs pas mais raconte combien sont difficiles les Noël en famille alors que son frère était né un 25 décembre.  Monsieur Ratier aussi, Président digne de l’Association des Familles Endeuillées, qui nous confiait il y a quelques semaines « vouloir comprendre comment des dirigeants d’usine ont pu laisser faire cela mais dit également n’en vouloir qu’à ceux qui ont pris la décision de faire fabriquer ces deux produits au même endroit et non pas à ceux qui étaient responsables de l’usine à ce moment » vient expliquer la manière atroce dont il a appris la mort de son fils … à la télévision. Il vient témoigner en sa mémoire et pour les humains. Alain Ratier avait 35 ans et travaillait chez Otis. 

Ils vont ainsi se succéder les uns après les autres, tous brisés mais dignes puis ce sont les grands blessés, souvent oubliés de ce drame qui prendront la parole pour faire connaître ce qu’ils ont vécu parmi lesquels Stéphanie Mazera, cette jeune femme que beaucoup de Toulousains ont découvert lors de l’émission spéciale de France 3 Sud, qui a perdu l’usage d’un bras et fut sauvée comme elle le raconte avec émotion par Georges Paillas, contremaître du hangar 221 lui-même blessé. En ce moment c’est au tour des associations de victimes d’être entendues. Demain le Président Thomas Le Monnyer prévoit de parler de l’histoire de l’usine, une histoire longue de huit décennies. 

Le ton monte au procès AZF

Créé par le 05 mar 2009 | Dans : justice / azf

Au terme d’une première semaine où le droit pur le disputa à l’émotion, le procès AZF est maintenant lancé. Ce mardi, le tribunal devait entendre un certain nombre de témoins notamment les pompiers qui sont intervenus sur place le 21 septembre. Pourtant tout ne s’est pas déroulé comme prévu.

C’est tout d’abord Maître Jean Veil, qui dès l’ouverture de la séance lance les hostilités, représentant le groupe Total il estime que la décision du Tribunal Correctionnel à l’encontre de ses clients ne leur assure pas l’équité qu’ils sont en droit d’attendre de la justice. Estimant que cette décision est injuste, il déclare qu’il leur sera impossible de se préparer leur défense et qu’ils partent avec un désavantage qui pourrait l’amener non seulement à faire appel de cette décision mais également à saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme de cette question.

Maître Simon Cohen en réponse dénonce des manœuvres des conseils de Total visant à faire peser sur le procès un risque de nullité, le Président Thomas Le Monyer que certains observateurs décriront comme agacé, répond que tout sera mis en œuvre d’une part pour que Total et M. Thierry Desmarest aient le droit à la défense qu’il convient et d’autre part puissent faire appeler les témoins qui leur sembleront utiles. Il rappelle que le groupe et son Président ne seront entendus qu’au mois de juin et estime que ce laps de temps doit leur permettre de se préparer.

L’usine avant / après

Une fois ces questions de procédure réglées … pour le moment ! Une présentation de l’usine est projetée sur les écrans géants de la salle Jean Mermoz, le Président Thomas Le Monnyer expose l’emplacement des différents bâtiments puis, reprenant le rapport final du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail de l’usine, place une à une les différentes victimes. Le moment est chargé d’émotion tant pour les parties civiles qui ont perdu des proches que pour les anciens salariés d’AZF.

Des Pompiers sans moyens et un premier accrochage entre témoins

Le Tribunal entend ensuite des officiers pompiers cités par des parties civiles, venus expliquer la manière dont ils ont travaillé le jour de la catastrophe. Ce qui ressort de ces auditions ce sont les manques de moyens et des effectifs, certes importants mais difficiles à gérer, devant répondre à une crise sans précédent. Ces témoignages ne sont pas en mesure de changer le cours de l’histoire mais l’éclaire d’un jour différent. Ainsi le Lieutenant-Colonel Auriac soulignera la présence dès l’après midi du drame, dans l’usine de trop nombreuses personnes qui n’avaient rien à y faire et qualifiera cet épisode de « malsain ».

Quand au Colonel Claude Donin, alors en charge de l’organisation des secours, il fait, au détour de son récit une déclaration particulièrement singulière. Contrevenant à toutes les normes et mesures habituellement prises par les pompiers lorsqu’ils doivent relever des corps, il reçoit dans le courant de l’après-midi (environ 18 heures), l’ordre de cesser ses opérations et de laisser faire l’institut médico-légal en ce qui concerne les personnes décédées. Le problème est que le pompier ne sait plus à ce jour qui lui a donné cet ordre, la Préfecture, le Procureur de la République, tout cela est bien curieux … Mais cela peut être éclairant pour la suite du débat qui a amené un premier incident entre témoin.

C’est l’ancien directeur des relations humaines de l’usine, Gildas Thomas, jamais entendu par la justice jusqu’à maintenant, mais cité par l’Association AZF Mémoire et Solidarité qui regroupe les anciens salariés de l’usine, qui va amener cet incident. Il déclare au tribunal avoir reçu le 21 septembre au soir du Colonel Donin, une liste de victimes consignant 29 noms. Le lendemain l’officier lui aurait demandé de le la lui rendre parce qu’elle comportait des erreurs, ce qu’il fit. Il est fort étonné lorsque quelques mois plus tard, il découvre que d’après les chiffres officiels le bilan est de 28 morts. Il précise même que lors d’un match de football amical entre les salariés d’AZF et les pompiers, en 2002, il a évoqué cette question avec le Colonel Donin, lequel lui aurait répondu que de toute façon « on ne saurait jamais ce qui s’était passé ».

Le pompier aujourd’hui en retraite nie tout en bloc et le Président Le Monnyer demande alors qu’une confrontation soit organisée à la barre. Chacun reste sur ces positions si bien que le Président en demande son point de vue à Serge Biechlin (ancien directeur de l’usine et principal prévenu) qui confirme l’existence de cette liste comportant 29 noms. Le tout maintenant est de savoir qui ment et pourquoi mais il est plus de 22 heures et le Président lève la séance. La journée de demain sera à n’en pas douter particulièrement émouvante, c’est au tour des familles des victimes de venir apporter leur témoignages.

Serge Biechlin : “plus j’avançais et plus je découvrais des scènes de guerre”

Créé par le 26 fév 2009 | Dans : justice / azf

sbrecadr.jpgPrès d’une semaine après son ouverture, le procès AZF entre enfin dans l’examen au fond de la catastrophe qui un vendredi de septembre 2001 a causé à Toulouse, la mort de 31 personnes, en a blessé plusieurs milliers dont certaines très grièvement et a soufflé tout le Sud de la ville. Ce soir devant un public attentif, c’est l’ancien directeur de l’usine, Serge Biechlin qui va, le premier présenter à la barre ce que fut cette catastrophe et la manière dont il l’a vécu. 

Ce directeur proche de ses anciens salariés (avec qui il passe tout son temps pendant les interruptions de séance) raconte la semaine qui a précédé la catastrophe. Il détaille la manière dont il a appris, le mercredi précédant le drame, que toutes les usines à risque de Toulouse et de ses environs avaient été dès le début du mois de septembre placé sous contrôle Vigipirate renforcé alors que son usine, pourtant classée Seveso 2, n’avait pas été prévenue. Il se remémore les explications qu’il a alors demandées à la DRIRE et à la Préfecture de Haute-Garonne ainsi que la réunion qu’il a organisée le jeudi 20 pour intimer l’ordre, à ses cadres et agents de maîtrise, d’être encore plus vigilants que d’habitude sur les questions de sécurité que cela concerne l’accès au site ou au sein des différents ateliers. Il raconte son départ à l’Île de Ré où il a des rendez-vous le lendemain, cette angoisse qui l’étreint et qu’il tente de raisonner. 

Puis il narre minute par minute, en larme, la manière dont il appelle l’usine le vendredi matin, n’arrive à joindre personne et enfin reçoit quelques minutes plus tard un appel lui disant que l’usine a explosé, son retour à Toulouse rythmé par la radio qui annonce un nombre toujours plus important de victime et son arrivée dont il dira que « plus on approchait du site et plus on avait à faire à des scènes de guerre ». 

Hormis quelques agitateurs qui sortent en vociférant, la salle est sonnée et l’émotion palpable, comme l’exprimera, quelques minutes plus tard, Mme Monique Mauzac (qui a perdu son mari lors de cette catastrophe), « à travers son récit, nous avons tous revécu ce jour et notre propre drame ». 

Serge Biechlin se reprend pour expliquer son action, une fois rentré à Toulouse, la mise en sécurité de l’usine et son rôle de chef d’établissement. Puis c’est au tour du représentant de Grande Paroisse, (aujourd’hui rebaptisée GPN) Daniel Grasset de prendre la parole pour dire ce qu’était l’usine de Toulouse, ce qu’elle représentait dans le groupe et pour évoquer les activités du groupe en 2001, son exposé technique et posé ne retient plus l’attention de la salle qui pour la première fois, depuis lundi, s’est laissée submergée par l’émotion. 

L’émotion et la détresse d’un directeur d’usine qui est jugé pour l’une des plus grandes catastrophes industrielles de l’histoire mais avant tout d’un homme que ses anciens salariés, même les plus syndiqués d’entre eux, décrivent comme un bon patron. 

Ce sera avec Total … pour le moment !

Créé par le 26 fév 2009 | Dans : justice / azf

Hier après la suspension de l’audience, les commentaires étaient nombreux sur les marches de la salle Jean Mermoz quant aux chances de voir le Président Thomas Le Monnyer décider de joindre la citation au fond, c’est-à-dire de continuer à examiner cette procédure de citation directe à l’encontre du groupe Total et de M. Thierry Desmarest. Avocats, parties civiles et journalistes, chacun avait son idée et son point de vue qui, comme bien souvent dans cette affaire, n’était pas vraiment conciliable. 

Aujourd’hui à 14 heures, à peine la foule, moins dense que les premiers jours, était-elle assise que le Président du Tribunal Correctionnel mettait fin au suspense en demande la jonction au fond de la citation directe. La question devenant alors de savoir s’il fallait mêler le dossier Grande Paroisse / Serge Biechlin et celui de Total/Thierry Desmarest. 

Si la position de Total demeurait inchangée, tout comme celle du procureur, une première faille apparue entre les différentes parties civiles, Maîtres Cohen et Bisseuil, avocate de l’Association des Familles endeuillées, soutenaient alors que les deux dossiers devaient être joints. La surprise vint de Maître Agnès Casero, représentante de l’Association des Sinistrés du 21 Septembre, largement à l’origine de cette citation, qui estime pour sa part, que « ce serait une erreur de joindre les deux dossiers au risque de rendre ce procès bancal et que le tribunal se laisse distraire alors que son action doit amener à comprendre ce qui s’est passé ce vendredi 21 septembre 2001 à Toulouse ». 

Le tribunal se retire alors pour prendre une décision qui étant donné le temps de la délibération semble être déjà acquise, et lors de son retour, le Président Le Monnyer annonce que les deux dossiers sont joints, que Total et M. Thierry Desmarest sont donc prévenus aux côtés de Grande Paroisse et de Serge Biechlin. 

Toutefois le problème reste entier puisque la question de la recevabilité de cette citation, que les avocats de la Défense et le Parquet combattent, ne sera tranchée qu’au mois de novembre … à l’énoncé du verdict. Le groupe Total et un de ses représentants deviennent donc des prévenus à part entière pour la forme mais fort hypothétiques sur le fond ! Relative invraisemblance, il faudra attendre la semaine du 10 juin pour voir M. Thierry Desmarest à Toulouse ! 

Avant la reprise de l’audience qui doit maintenant traiter du dossier au fond, Maître Daniel Soulez-Larivière représentant de la Défense pouvait alors s’agacer contre une décision « qui va polluer le procès et aurait dû être purgée, comme je l’ai à plusieurs reprises demandé au Tribunal en amont. Nous avions 15 mois pour trancher cette question et partir sur des bases saines, ce n’est pas la voie choisie par la justice et on peut le regretter » ajoutait-il. 

On peut en effet se demander quel est l’intérêt d’en arriver à ce cas de figure qui non seulement risque d’être un paravent à la vérité en politisant le dossier mais laisse sans voix de nombreux juristes tant ce cas de figure est rare. 

Total y sera t-il ou non ?

Créé par le 25 fév 2009 | Dans : justice / azf

logototal.jpg Cet après-midi il sera surtout question de procédure, la question posée est de savoir si Total SA et M. Thierry Desmarest, ancien Président Directeur Général du groupe et aujourd’hui Président de son Conseil d’Administration doivent rejoindre Grande Paroisse et M. Serge Biechlin en qualité de prévenus. Trois questions se posent par rapport à cette citation directe : est-elle recevable, faut-il joindre cet incident au fond et faut-il joindre les deux dossiers. 

C’est tout d’abord Maître Jean Veil, représentant de Total, qui explique au Tribunal que non seulement la citation n’est pas recevable mais qui demande qu’elle soit tout simplement écartée dès maintenant pour, dit-il « ne pas créer de confusion, ce procès doit être celui de la catastrophe de Toulouse, certainement pas celui de Total ».

Il est suivi en ce qui concerne l’irrecevabilité par M. Patrice Michel, Procureur de la République, celui demandant néanmoins que l’incident soit joint et que les dossiers le soient aussi au cas où le Tribunal décide de cette jonction.

 Les représentants des plaignants, Maître Cohen mais aussi Maître Priollaud ont, pour leur part, défendu non seulement la recevabilité de cette requête ainsi que la jonction des deux dossiers afin que ce ne soit plus 2 mais 4 prévenus qui soient jugés pour ce drame. Pour le moment, seule la jonction de la citation est débattue, il faudra attendre demain pour que Tribunal rende sa décision et que soit alors évoquée la jonction des deux dossiers qui pourrait amener M. Thierry Desmarest et le groupe Total à comparaître en qualité de prévenus.  

Monique MAUZAC : « Je demande la vérité et rien d’autre »

Créé par le 24 fév 2009 | Dans : justice / azf

moniquemauzac2.jpg Monique Mauzac est partie civile lors du procès, le 21 septembre, son mari André Mauzac,  se trouvait à quelques dizaines de mètres du hangar et il a perdu la vie. Monique Mauzac, ne demande ni condamnation exemplaire, ni vengeance, elle exige la vérité. Lorsqu’on la rencontre, cette chimiste du CNRS à l’accent chantant expose clairement et non sans touche d’humour pourquoi 7 ans après ce drame qui a bouleversé sa vie, elle continue à se battre sans a priori et pourquoi elle ne croit pas à la thèse retenue par la justice. Son sourire, sa gentillesse, sa disponibilité et son incroyable optimisme sont autant de leçons de courage et de dignité !   

Pourquoi ne croyez-vous pas à la thèse retenue par l’instruction ?   

Je suis responsable d’un laboratoire de chimie à Toulouse et je peux vous assurer que la thèse présentée par la justice ne tient pas un instant pour des raisons autant techniques que pratiques. Les experts quand ils décrivent la manière dont ils ont procédé à leur essai sont bien loin des conditions du 21 septembre et de la manière dont Gilles Fauré décrit son environnement lorsqu’il a versé cette fameuse benne de nitrate d’ammonium qui aurait entraîné l’explosion. En effet, pour que cela fonctionne, éventuellement et encore dans des conditions de laboratoire, il faut que le nitrate d’ammonium soit humide à un tel point qu’il en devient de la boue, ce qui n’était pas le cas du produit se trouvant devant le fameux hangar 221 puis qu’il soit recouvert uniformément ou presque d’une couche de DCCNa (dérivé chloré utilisé principalement dans les piscines) et enfin que le reste du nitrate soit déposé par-dessus l’ensemble. C’est proprement impossible et si les choses se sont passées de cette manière, Gilles Fauré doit être considéré comme le meilleur dans son métier.  

Je ne crois pas à cette thèse pour d’autres raisons, lorsque les reconstitutions ont été faites j’avais dit à Thierry Perriquet, le juge d’instruction, qu’il allait s’intoxiquer tant l’odeur du DCCNa est insupportable et irritante. Il ne m’a pas cru mais ce que j’avais prédit est arrivé, dès les premières pelletées, toutes les personnes présentes ont quitté les lieux devenus irrespirables. S’il y avait eu des femmes dans le collège des experts je pense qu’elles auraient très rapidement compris que cela n’était pas possible que ce produit se soit trouvé là puisque son odeur est proche de l’eau de javel et quand on connaît cette odeur on ne s’imagine pas que personne n’ait pu la sentir dans l’usine. Ce qui est grave c’est que les experts, n’ont pas abandonné cette piste, ils l’ont juste ajusté à leurs besoins, ainsi ce ne sont plus 500 mais quelques kilos qui ont été mélangés par erreur. Le moins que l’on puisse dire c’est que la démarche scientifique n’est pas très précise et même très étonnante pour moi qui réalise régulièrement des expériences, ils sont partis de la conclusion en fait et ils ont remonté le temps en changeant leurs théories lorsque celles-ci ne correspondaient plus à la réalité ! Je trouve cette démarche particulièrement étonnante voire pire …  Je pourrai ajouter des dizaines d’autres très bonnes raisons qui m’amènent à penser que tout ceci est impossible. Je laisserai les soins à plus expert que moi, les chimistes que j’ai fait citer au procès comme témoin de venir expliquer tout cela (parmi eux Georges Guiochon qui avait, quelques mois après les faits, publié un article sous le titre « Ce qui ne s’est pas passé à Toulouse le 21 septembre 2001 » ou encore Armand Lattes, Président de la Société Française de Chimie). 

Qu’attendez-vous de ce procès ? Allez-vous demander des indemnités ?   

Je n’ai jamais demandé d’indemnités pour la mort de mon mari et je ne le ferai pas plus au procès, nous avons passé 30 merveilleuses années ensemble et ce n’est pas cela qui me le rendra. Ce que je demande c’est qu’on nous dise ce qui s’est réellement passé, qu’on nous explique pourquoi nos maris, pères et enfants sont partis travailler un beau matin de septembre et ne sont jamais revenus. Je ne crois pas à la thèse officielle et je supporterai mal qu’on nous l’assène comme une vérité. Toutes les questions que j’ai pu, au cours de l’instruction, poser aux experts sont restées sans réponse, ce qui montre qu’ils ont tout de même quelques difficultés eux-mêmes à justifier leurs conclusions et ses réponses maintenant je les exige de la justice. Il faut maintenant que les choses se disent  

Que pensez-vous qu’il se soit passé chez AZF ?   

Je n’en sais rien, en fait il est plus facile d’expliquer ce qui n’a pas pu se passer chez AZF que les causes du drame. Ce que je peux dire c’est que la veille de l’explosion mon époux m’était apparu inquiet et que le jeudi 20 septembre, Serge Biechlin, le directeur de l’usine avait réuni l’ensemble de la maîtrise pour parler de sécurité, après avoir appris par hasard que toutes les usines de Toulouse présentant des risques s’étaient vu appliquer le plan Vigipirate renforcé à l’exception tout de même notable d’AZF. On peut se demander pourquoi ? Tout ce que je peux dire, en tant que chimiste, c’est que la piste volontaire, que ce soit de la malveillance ou un attentat est plus facile à imaginer que la soupe chimique qu’on a tenté de nous servir pendant plus de 7 ans, mais c’est à la justice de déterminer les causes de la catastrophe. 

Ouverture d’un procès marathon

Créé par le 23 fév 2009 | Dans : justice / azf

Ce jour, à Toulouse s’est ouvert le procès-fleuve de l’année celui de la catastrophe industriel AZF. Le tribunal correctionnel présidé par Thomas Le Monnyer est chargé de juger M. Serge Biechlin, directeur du site et le groupe Grande Paroisse, filiale de Total.

Ce premier jour d’audience permet de prendre la mesure de ce que sera ce procès hors normes, alors que sont assis à droite les prévenus entourés d’un aréopage d’avocat, à gauche se trouvent les 50 avocats des parties civiles. Chacun dans son carré on retrouve la presse, les experts les parties civiles puis le public. La salle est totalement remplie et ce sont des dizaines de photographes et de cameramen qui se précipitent avant l’ouverture de l’audience sur M. Serge Biechlin, lequel semble presque absent.

Première audience et premier problème !

Dès l’ouverture de ce procès qui durera 4 mois, apparaît le premier problème, en septembre près de 59 personnes ont déposé une citation directe visant à faire comparaître lors du procès
la société Total SA et son ancien Président Directeur Général, M. Thierry Desmarest. Leur avocat est alors Maître Christophe Lèguevaques mais celui-ci a entre-temps accepté d’être le représentant de la Ville de Toulouse ce qui crée un conflit d’intérêt. La Ville a effet signé un accord avec Total SA qui l’engage à ne pas attaquer le groupe. Interrogé Maître Lèguevaques estime « qu’une telle occasion ne peut se laisser passer, représenter une ville de 450 000 habitants permet une visibilité qui ne peut se refuser ». Le problème est que ses anciens clients n’ont plus de représentants, c’est finalement Maître Cohen qui s’acquittera de cette tâche.
 

Une longue litanie

La suite de la journée est consacrée à l’organisation du procès et à son calendrier. Un à un le Président va appeler les quelques 200 témoins, puis les experts et enfin les parties civiles afin de leur faire connaître le jour de leur audition pour les uns, de connaître leur position et leurs attentes pour les autres. Longue litanie de ceux qui seront les acteurs de premier plan de ce procès hors norme, qui sera d’ailleurs le premier procès en correctionnel filmé, pour l’histoire.

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