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 En 2001, l’usine AZF à Toulouse explose et avec elle des quartiers entiers de Toulouse. Comme c’est souvent le cas en France, les politiques réagissent quelques semaines plus tard mais a posteriori. Une commission parlementaire est organisée à la hâte sous la présidence de François Loos puis une loi sur le risque industriel, dite loi Bachelot est votée en 2002. Celle-ci bien qu’appliquée depuis ne semble pas d’être totalement efficace et on découvre à chaque fois qu’il y a des incidents que la sécurité reste très aléatoire à proximité des sites industriels classés Seveso.

L’ouverture du procès AZF à Toulouse en février avait amené la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie à évoquer avec les associations et des spécialistes la possibilité d’organiser une table ronde de la sécurité industrielle. Le 19 mai, Chantal Jouano mettait en place 4 groupes de travail sous la présidence de Jacques Verdier, directeur du Conseil supérieur des installations classées et grand connaisseur des questions environnementales puisqu’il fut notamment le rapporteur de plusieurs lois sur la question alors qu’il était député du Nord.

Ces groupes qui regroupent des spécialistes de la sécurité, des représentants des DRIRE ou DREAL, les associations de défense de l’environnement travailleront, avant le 3 juillet, sur des sujets tels que
la Gouvernance, l’information du public, le contrôle des industries à risque mais aussi les Plans de Préventions des Risques Technologiques, les sols pollués… Cette table ronde doit permettre de compléter les réglementations existantes en matière de sécurité mais aussi de les rendre plus facilement applicables. On sait en effet que les plans de préventions des risques technologiques prévus dans le cadre de la loi Bachelot demeurent des exceptions en France. À ce jour une dizaine de ces plans sont mis en place alors que le pays compte à ce jour plus de 400 sites classés.

Parmi les acteurs de cette table ronde, France Nature Environnement a fait savoir par la voix d’un de ses représentants, Alain Chabrolle que « des consensus se dégagent entre les participants, tant sur le constat que sur les voies d’amélioration : protéger la santé des travailleurs et leur statut de donneurs d’alerte, une nécessité admise tant par les ONG que par les syndicats ; renforcer l’information et la participation du public dans le processus de décision, augmenter les moyens dévolus à la surveillance des sites à risques. »