Depuis 7 ans et demi, sans doute parce que la justice a eu du mal à trouver une thèse parfaitement admise, claire et évidente et/ou parce qu’elle a été un peu trop affirmative trop rapidement, de nombreux enquêteurs privés se sont mis en tête de trouver la vérité. Tous ont le point commun d’y avoir mis souvent des moyens importants notamment en temps, dans la plupart des cas, leur bonne foi n’est pas à remettre en cause même si une source proche de l’enquête indique qu’à la découverte de certaines pistes et des arguments les étayant, on pouvait se dire que « tous les fous n’étaient pas enfermés » ! Certains de ces détectives ont d’ailleurs fait des découvertes qui ont amené le juge d’instruction Thierry Perriquet à se poser des questions sans pour autant se laisser convaincre par ces investigations et leurs conclusions, aux experts judiciaires de le démontrer au tribunal. Ce sont donc toutes ces pistes que le tribunal correctionnel, présidé par Thomas Le Monnyer, va étudier et sans doute évincer pendant les deux semaines qui viennent. Le programme de la semaine qui s’est ouverte hier ressemble d’ailleurs à un inventaire à la Prévert : une bombe de la seconde mondiale, une météorite, la foudre, un phénomène électromagnétique, une UVCE, un problème électrique, un accident préliminaire, un acte intentionnel …

On peut penser malgré la présence de nombres de ces enquêteurs privés dans la salle Jean Mermoz que c’est la piste volontaire (attentat ou malveillance) qui amènera le plus de débat. Elle est la plus attendue par le public, notamment parce qu’elle a la préférence de Serge Biechlin, directeur de l’usine AZF et prévenu, elle sera donc la plus débattue. Cette piste a, parait-il, fait l’objet de toutes les investigations possibles de la Police mais avait été écartée à 90%, 3 jours seulement après la catastrophe par le Procureur de la République, Michel Bréard. Il faut se rappeler que le contexte international se prêtait à ce que la piste de l’attentat soit privilégiée par certains. Anne-Marie Casteret (L’Express) et Marc Mennessier (Le Figaro) ont d’ailleurs réalisé un travail d’enquête considérable sur ce point. Marc Mennessier sera d’ailleurs, malgré la demande qu’il avait faite au tribunal de ne pas revenir témoigner et qui avait été acceptée par tous, peut-être entendu à nouveau par le tribunal. C’est Maître Agnès Casero, avocate de l’Association des Victimes d’AZF, qui en a fait la demande estimant « qu’il est responsable de cette piste dans l’opinion de par ses articles et la publication d’un livre sur le sujet ».

 La piste de la malveillance, est elle alimentée par l’ambiance particulièrement délétère qui régnait entre intérimaires et chauffeurs de camion aux abords du hangar 221, la veille et le matin des faits. Des altercations avaient en effet éclatées et des salariés d’AZF et de sous-traitants ont tenu à le faire savoir à la justice, certains d’entre eux compte d’ailleurs faire connaître au tribunal la manière dont leurs témoignages ont été reçus par la Police  ! Ainsi, Rejane Boucly, secrétaire employée par TMG, viendra expliquer comment le Police l’a menacé si elle maintenait ses déclarations. Des chauffeurs et des intérimaires seront également entendus sur ces évènements. Ambiance …