6a0105362934b2970c011168cc4bad970c800wi.jpg

Depuis trois jours, le tribunal correctionnel de Toulouse parle de détonique. Didier Bergues, ingénieur civil au CEA Gramat, est venu, vendredi, expliquer au tribunal pourquoi il avait par ses expériences pu définir que l’explosion survenue à Toulouse avait eu lieu à l’est du hangar 221 (voir plan) et plus précisément dans le box de ce hangar. La question peut sembler anecdotique, elle ne l’est pas. En effet, pour que la thèse retenue par l’instruction (mélange malencontreux de deux produits non compatibles) puisse continuer d’exister, il est indispensable que le point d’initiation de l’explosion se trouve à l’entrée de ce hangar.

Hier c’était au tour de Michel Lefebvre, professeur de détonique à l’École Royale militaire de Belgique, de venir expliquer pourquoi les expériences de Didier Bergues, qu’il qualifiera de peu rigoureuses et qu’il démontera intégralement, ne sont pas en mesure de prouver grand-chose et certainement pas que la naissance de l’explosion a eu lieu dans ce box. Avec force schémas, films, petits objets en tout genre, il va point par point détruire les arguments de l’expert judiciaire. Le ton montera à plusieurs reprises pendant cet exposé, pourtant très technique.

Étant donné les divergences entre les deux visions, le Président du tribunal correctionnel, Thomas Le Monnyer, a décidé d’entendre, ce jour, l’expert (Didier Bergues) et le témoin (Michel Lefebvre) puis de les confronter. Entre le Lotois discret et le Belge flamboyant, sorte de Professeur Tournesol qui réussirait ses expériences, le débat est ouvert…