avril 2009

Archive mensuelle

Un peu de tout, beaucoup de n’importe quoi et … la piste volontaire

Créé par le 22 avr 2009 | Dans : justice / azf

Depuis 7 ans et demi, sans doute parce que la justice a eu du mal à trouver une thèse parfaitement admise, claire et évidente et/ou parce qu’elle a été un peu trop affirmative trop rapidement, de nombreux enquêteurs privés se sont mis en tête de trouver la vérité. Tous ont le point commun d’y avoir mis souvent des moyens importants notamment en temps, dans la plupart des cas, leur bonne foi n’est pas à remettre en cause même si une source proche de l’enquête indique qu’à la découverte de certaines pistes et des arguments les étayant, on pouvait se dire que « tous les fous n’étaient pas enfermés » ! Certains de ces détectives ont d’ailleurs fait des découvertes qui ont amené le juge d’instruction Thierry Perriquet à se poser des questions sans pour autant se laisser convaincre par ces investigations et leurs conclusions, aux experts judiciaires de le démontrer au tribunal. Ce sont donc toutes ces pistes que le tribunal correctionnel, présidé par Thomas Le Monnyer, va étudier et sans doute évincer pendant les deux semaines qui viennent. Le programme de la semaine qui s’est ouverte hier ressemble d’ailleurs à un inventaire à la Prévert : une bombe de la seconde mondiale, une météorite, la foudre, un phénomène électromagnétique, une UVCE, un problème électrique, un accident préliminaire, un acte intentionnel …

On peut penser malgré la présence de nombres de ces enquêteurs privés dans la salle Jean Mermoz que c’est la piste volontaire (attentat ou malveillance) qui amènera le plus de débat. Elle est la plus attendue par le public, notamment parce qu’elle a la préférence de Serge Biechlin, directeur de l’usine AZF et prévenu, elle sera donc la plus débattue. Cette piste a, parait-il, fait l’objet de toutes les investigations possibles de la Police mais avait été écartée à 90%, 3 jours seulement après la catastrophe par le Procureur de la République, Michel Bréard. Il faut se rappeler que le contexte international se prêtait à ce que la piste de l’attentat soit privilégiée par certains. Anne-Marie Casteret (L’Express) et Marc Mennessier (Le Figaro) ont d’ailleurs réalisé un travail d’enquête considérable sur ce point. Marc Mennessier sera d’ailleurs, malgré la demande qu’il avait faite au tribunal de ne pas revenir témoigner et qui avait été acceptée par tous, peut-être entendu à nouveau par le tribunal. C’est Maître Agnès Casero, avocate de l’Association des Victimes d’AZF, qui en a fait la demande estimant « qu’il est responsable de cette piste dans l’opinion de par ses articles et la publication d’un livre sur le sujet ».

 La piste de la malveillance, est elle alimentée par l’ambiance particulièrement délétère qui régnait entre intérimaires et chauffeurs de camion aux abords du hangar 221, la veille et le matin des faits. Des altercations avaient en effet éclatées et des salariés d’AZF et de sous-traitants ont tenu à le faire savoir à la justice, certains d’entre eux compte d’ailleurs faire connaître au tribunal la manière dont leurs témoignages ont été reçus par la Police  ! Ainsi, Rejane Boucly, secrétaire employée par TMG, viendra expliquer comment le Police l’a menacé si elle maintenait ses déclarations. Des chauffeurs et des intérimaires seront également entendus sur ces évènements. Ambiance …

Un procès très technique dans une ambiance de huis clos

Créé par le 18 avr 2009 | Dans : justice / azf

Depuis des semaines certains plaisantaient estimant qu’après une ouverture en fanfare devant une salle Jean Mermoz bondée, celle-ci ne tarderait pas à paraître totalement surdimensionnée. Les plus mauvaises langues estimaient même qu’il arriverait un jour où le tribunal siègerait devant les prévenus, une poignée d’avocats, de rares journalistes et un maigsalle5.jpgre public, les uns et les autres faisant preuve d’une motivation à toute épreuve. C’est désormais chose faite !

La semaine qui vient de s’écouler abordait les études sismiques et acoustiques, celles-ci devaient permettre de définir le nombre d’explosion(s) ainsi qu’éventuellement le point d’initiation de celle(s)-ci lors du drame AZF, 21 septembre 2001. Depuis mardi, experts de l’instruction et contres experts de la défense se sont succédés à la barre, afin de démontrer power point, graphiques et courbes à l’appui à quel point ils ne pouvaient être d’accord entre eux et pourquoi les autres se trompaient certainement dans  leurs études. Bref, un certain ennui gagna peu à peu les commentateurs, les avocats et les spectateurs qui désertèrent discrètement mais sûrement l’enceinte du tribunal correctionnel dès jeudi en milieu d’après-midi. Vendredi, presque 10 heures d’audience (de 9h30 à 20 heures et ce sans que soit tenu compte des problèmes aéronautiques de Me Soulez-Larivière !), dans une ambiance parfois tendue, qui permit d’entrevoir que même la patience du Président Thomas Le Monnyer pouvait avoir des limites, eurent raison des plus assidus.

La salle Jean Mermoz était vraiment devenue trop grande ! Cela ne devrait cependant pas devenir une habitude puisque dès mardi prochain, le public reviendra certainement pour découvrir toutes les pistes plus ou moins fantaisistes qui ont été écartées par l’instruction. On parlera alors d’armes électromagnétiques, d’UVCE (explosion de gaz à l’air libre) mais surtout des pistes intentionnelles avec des auditions qui s’annoncent déjà passionnantes et sans doute houleuses.

Jacques Mignard : « sommes seulement des demandeurs de vérité mais nous serons des demandeurs exigeants »

Créé par le 03 avr 2009 | Dans : justice / azf


Jacques Mignard était le délégué CGT de l’usine AZF à Toulouse où il était chargé, en plus de son mandat, de l’animation sécurité. Les frères Mignard sont, dans les milieux de gauche, et plus si affinité, à Toulouse, des militants de longue date que ce soit au sein du PS ou dans le monde syndical. Depuis la catastropbandeauhaut.jpghe, Jacques est le Président de l’Association AZF Mémoire et Solidarité et a pris quelques distances avec une certaine gauche, trop bien pensante à son goût. Son goût pour la vérité est celui des adhérents de son association, il n’a pas de théorie sur ce qui a pu se passer ce
21 septembre mais peine à croire à la thèse soutenue par l’accusation. Cette semaine, lors du procès, cette association a été au centre d’une polémique, voire même d’une remise en cause de la procédure pénale, puisque le Procureur, Patrice Michel, a dénoncé la position de ces parties civiles qui ne soutiennent pas l’accusation, oubliant sans doute un peu rapidement que parmi les membres de cette association certains ont perdu beaucoup plus que des biens matériels mais des proches ou des amis. Il semblait donc équitable que le Président Mignard puisse répondre aux différentes accusations qui ont été portées.

Votre association est au centre de bien des débats, certains y voient une émanation de la  défense ?

Jacques Mignard : Nous sommes essentiellement des anciens salariés de l’usine Grande Paroisse à Toulouse. Lorsque la catastrophe est arrivée la plupart d’entre nous était sur le site. Notre usine nous la connaissions et même si certains peuvent décrire des inquiétudes, je pense me faire le porte-parole du plus grand nombre en disant que n’allions pas travailler avec la peur au ventre. Le matin du 21 septembre n’a pas été différent des autres, avant 10h17. Nos collègues qui ont travaillé, ce matin-là, à proximité ou dans le hangar 221 n’ont rien remarqué de particulier, aucune odeur, aucun son, rien de particulièrement suspect. Quelques jours après la catastrophe le procureur Bréard vient dire qu’il s’agit d’un accident et nous désigne à la vindicte publique. Nous avons constitué cette association non pas dans le but de défendre qui que ce soit mais pour être acteurs de cette affaire qui nous concerne. Il faut également le dire c’est aussi une manière de ne pas rester seul alors que lors de ce drame nous avons perdu des collègues, des amis et nos emplois. Nous ne sommes pas les agents de Total ou de Grande Paroisse dans cette affaire nous sommes seulement des demandeurs de vérité mais nous serons des demandeurs exigeants. Je tiens aussi à préciser que notre raison d’exister n’est pas seulement le procès AZF, nous continuerons d’exister une fois le procès terminé.

Certains de vos détracteurs disent que vous avez fait une enquête dans la rue, est-ce vrai ?

JM : Le Procureur et certains avocats de parties civiles critiquent aujourd’hui cette démarche mais lorsque nous discutions avec les Toulousains nous avions l’impression que nombreux étaient ceux qui avaient des doutes sur les explications qui semblaient être avancées par
la justice. Nous étions partie civile et nous nous sommes rendu compte assez rapidement que beaucoup de personnes, y compris des collègues n’avaient pas été entendues, alors qu’elles avaient des choses intéressantes à dire. Nous nous sommes alors dits qu’il était important de donner une occasion à tous les Toulousains qui le souhaitaient de venir nous dire ce qu’ils avaient vus et perçu. Cet appel à témoin a donné des résultats inespérés, l’association a été submergée de coups de fil, nous avons écouté toutes ces personnes puis nous avons remis les témoignages les plus intéressants à
la Police. Il n’était pas dans notre idée de gêner l’enquête comme cela a été sous-entendu au procès par certains avocats qui ne recherchent pas la vérité mais veulent des condamnations, nous ne sommes pas dans cette démarche.

Cette semaine vous avez fait citer devant le tribunal correctionnel de nombreux témoins, avant leur audition le Président Le Monnyer a insisté sur la faiblesse du témoignage dans ce qu’il avait d’humain. Qu’avez-vous pensé de cette introduction que certains ont ressentie comme une défiance vis-à-vis des témoins ? Pensez-vous que ces témoignages auront permis de modifier le point de vue du tribunal ? 

JM : Nous avons été désagréablement surpris par le préambule de Thomas Le Monnyer en amont de l’audition des témoins que nous avons demandé à faire citer. Déclarer qu’il « faut savoir que la question du témoignage est abondamment travaillé par les psychologues » c’est déjà un avertissement qui n’est pas neutre. Evoquer dans le même temps une étude intitulée « Témoins sous influence », c’est en rajouter inutilement. En conclure que « cette question des témoignages, qui intéressent tout le monde, c’est difficile pour le tribunal d’en donner une appréciation » c’est déjà anticiper sur une décision qui donne l’impression d’avoir été déjà prise. Ce n’est pas ce que nous attendons de la justice Comment pouvez-vous dire que vous n’êtes pas mandaté par Total alors que le groupe vous a financé ?

JM : C’est une critique qui nous est faite souvent et je m’en suis déjà expliqué au procès. Lorsque l’usine a été fermée après la catastrophe, nous nous sommes organisés en association. Comme le veut la loi lorsqu’il y a une fermeture de site, Grande Paroisse a reversé à l’association des anciens salariés les sommes qui étaient détenues par le comité d’établissement soit environ 200 000 euros. Le reste de nos revenus vient des cotisations de nos presque 700 membres. Mais nous ne roulons pas sur l’or pour autant puisqu’outre les frais que nous avons engagés depuis 7 ans pour le procès, nous organisons aussi pour les adhérents des activités culturelles, amicales comme l’aurait fait notre CE si AZF n’avait pas cessé d’exister.

Un expert belge démonte l’analyse en détonique réalisée à Gramat

Créé par le 01 avr 2009 | Dans : justice / azf

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Depuis trois jours, le tribunal correctionnel de Toulouse parle de détonique. Didier Bergues, ingénieur civil au CEA Gramat, est venu, vendredi, expliquer au tribunal pourquoi il avait par ses expériences pu définir que l’explosion survenue à Toulouse avait eu lieu à l’est du hangar 221 (voir plan) et plus précisément dans le box de ce hangar. La question peut sembler anecdotique, elle ne l’est pas. En effet, pour que la thèse retenue par l’instruction (mélange malencontreux de deux produits non compatibles) puisse continuer d’exister, il est indispensable que le point d’initiation de l’explosion se trouve à l’entrée de ce hangar.

Hier c’était au tour de Michel Lefebvre, professeur de détonique à l’École Royale militaire de Belgique, de venir expliquer pourquoi les expériences de Didier Bergues, qu’il qualifiera de peu rigoureuses et qu’il démontera intégralement, ne sont pas en mesure de prouver grand-chose et certainement pas que la naissance de l’explosion a eu lieu dans ce box. Avec force schémas, films, petits objets en tout genre, il va point par point détruire les arguments de l’expert judiciaire. Le ton montera à plusieurs reprises pendant cet exposé, pourtant très technique.

Étant donné les divergences entre les deux visions, le Président du tribunal correctionnel, Thomas Le Monnyer, a décidé d’entendre, ce jour, l’expert (Didier Bergues) et le témoin (Michel Lefebvre) puis de les confronter. Entre le Lotois discret et le Belge flamboyant, sorte de Professeur Tournesol qui réussirait ses expériences, le débat est ouvert…

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