Depuis maintenant près d’un mois, le procès destiné à définir les responsabilités dans l’explosion de l’usine AZF, se tient à Toulouse. Entrant dans sa 4e semaine, il a évoqué de nombreux sujets mais pour le moment, en dehors du témoignage des victimes, beaucoup de domaines sont explorés à l’exception tout de même notable des faits. 

On a parlé de l’usine, des produits qu’elle fabriquait, de la sécurité, de la sous-traitance mais de l’explosion point encore ! C’est tout de même fort étonnant et cela commence à prodigieusement agacer les avocats de la défense qui par l’intermédiaire de Maître Daniel Soulez-Larivière se sont étonnés par deux fois la semaine dernière des soins pris par la justice pour éviter d’évoquer le sujet principal, ce pour quoi sont jugés les 4 prévenus, l’explosion du hangar 221. Les parties civiles, elles aussi commencent à s’impatienter et souhaitent que la justice parle enfin de ce qui est le cœur de ce procès. 

On peut espérer que cette semaine le tribunal correctionnel va entrer dans le vif du sujet puisque l’expert Daniel Van Schendel doit être entendu pour la première fois le 19 mars. Il viendra parler au tribunal de sa première note, datée du 28 septembre 2001 (soit une semaine après les faits) dans laquelle il instaure l’idée d’un accident chimique dont les causes restent alors à définir. Les premières batailles sur les causes de
la catastrophe AZF devraient alors débuter. 

Le tribunal entendra également un autre expert, François Barat, ancien responsable du laboratoire de chimie de la CRAM d’Aquitaine, chargé des analyses chimiques du drame. Curiosité juridique, il déposera, le 20 mars, comme témoin ! En effet, le Procureur de la République souhaite savoir ce que « M. Barat a fait, vu, entendu et fait » pendant les jours qui ont suivi la catastrophe, alors qu’il effectuait sur le site de Grande Paroisse, des relevés d’amiante. 

D’autres témoins, très nombreux, seront également entendus, lors de ces audiences, tels l’ancien Préfet de Haute-Garonne, Hubert Fournier, l’ancien directeur du SRPJ de Toulouse, M. Dumas ou l’ancien DRIRE, M. Dorison. On attend également l’éventuelle venue, le 19 mars, de Lionel Jospin, alors que Jacques Chirac et Laurent Fabius ont déjà fait connaître leurs intentions de ne pas se présenter devant le Tribunal. Quelle sera la position de l’ancien Premier Ministre, qui était également au moment des faits, un élu de Haute-Garonne ? 

Rappel :
la catastrophe AZF a fait 31 victimes, des centaines de blessés et de très importantes destructions matérielles, le 21 septembre 2001 à Toulouse. La justice a conclu à une explosion accidentelle par mélange de deux produits incompatibles, ce que réfute les principaux accusés. Depuis le 23 février 2009, Serge Biechlin, le groupe Grande Paroisse, rejoint par jonction des deux dossiers par Total SA et Thierry Desmarest (si toutefois la citation directe est recevable) sont jugés par le tribunal correctionnel de Toulouse, présidé par Thomas Le Monnyer.