mars 2009

Archive mensuelle

Une semaine bruyante …

Créé par le 31 mar 2009 | Dans : justice / azf

Cette semaine, il sera question de détonique, de détonation et de big bang lors du procès AZF, à Toulouse. Après que la semaine dernière ait été consacrée à l’enquête de flagrance et aux premières constatations d’experts et alors que ceux-ci ont eu le plus grand mal à expliquer pourquoi ils avaient privilégié si tôt la thèse de l’accident chimique, harcelés par les questions précises des différentes parties, le tribunal correctionnel finira, mardi 31 mars, d’écouter Didier Bergues (expert en détonique venu du CEA Gramat) puis entendra Monsieur Lefebvre, expert détonicien lui aussi, mandaté par le groupe Grande Paroisse. Le Président Thomas Le Monnyer a laissé sous-entendre vendredi qu’une éventuelle confrontation pourrait être demandée entre les deux sapiteurs.

À partir de demain ce sont les phénomènes précurseurs (effet de flash, rayons lumineux, …) qui seront étudiés ainsi que la très délicate question des bruits, qui oppose les parties presque depuis le début de l’affaire. En effet, ce jour du 21 septembre 2001 plusieurs milliers de personnes ont entendu à Toulouse, deux bruits (explosions ?) qui, quel que soit l’endroit d’où ils sont entendus, sont séparés entre eux de 6 à 8 secondes. Les experts estiment qu’il s’agit du bruit sismique et du bruit aérien (l’un allant plus vite que l’autre aurait été entendu en premier) tandis que la défense soutient qu’il s’agit de deux explosions successives … Cette semaine il s’agira de constater, la semaine suivante les experts chargés de ces aspects de l’affaire expliqueront … À suivre !

Procureur et juge d’instruction entendus, dérives ou conséquences d’Outreau ?

Créé par le 30 mar 2009 | Dans : justice / azf

justice.gif Comme il semble loin le temps où la justice, retirée des yeux du monde pouvait prendre des décisions sans avoir peur d’être elle-même jugée. Comme il paraît révolu le temps où le justiciable n’osait demander de compte ni au Parquet et moins encore aux juges d’instruction. C’est ce qu’ont dû se dire, mardi 24 mars, Michel Bréard et Thierry Perriquet entendus l’un puis l’autre lors du procès AZF à Toulouse. 

C’est Michel Bréard qui le premier doit répondre de ses faits et gestes lors de la première partie de l’enquête. Ce procureur, officiant désomais à Bordeaux, a marqué l’histoire de la justice toulousaine à plus d’un titre et n’est pas vraiment de ceux à qui on demande des comptes. Il a accepté de venir s’expliquer mais tout en faisant bien comprendre qu’étant donné son emploi du temps surchargé cette audition aurait lieu quand il l’entendrait. En tous les cas, pas au jour prévu initialement par le tribunal correctionnel.

A la barre, il explique calmement son travail, ses relations avec les différents services concernés, les difficultés qu’il aura avec la commission d’enquête interne de Grande Paroisse, qu’il accuse d’avoir largement compliqué son travail. Il est un point cependant sur lequel il ne s’explique pas : ses déclarations du 24 septembre, lorsqu’il affirme devant la presse que l’explosion de ce hangar est à 90% accidentelle.

Le Président Thomas Le Monnyer va donc se charger de demander des explications et on apprend ainsi que c’est une journaliste qui a provoqué ce mini-séisme, en se montrant trop insistante sur la piste de l’acte volontaire. La presse a donc bon dos … Thomas Le Monnyer énonce alors tout haut ce que beaucoup de Toulousains pensent tout bas depuis des années, le Procureur s’est-il rendu compte des dommages collatéraux qu’une telle déclaration allait entraîner. Devant le regard de plus en plus courroucé de Patrice Michel, procureur lors de ce procès, Michel Bréard est soumis à la question, … ou presque, devant répondre de ses faits et gestes lorsqu’il dirigeait l’enquête dans les premiers jours après le drame, sur l’ouverture jugée presque trop hâtive d’une procédure, rien ne lui est épargné et se justifier 7 ans après ne semble pas lui convenir. Son face- à-face avec Maître Daniel Soulez-Larivière (avocat de Grande Paroisse) lui permet de contre attaquer, entre les deux hommes, l’antipathie se ressent, le ténor du Parquet contre celui du Barreau s’oppose sur tout et Michel Bréard estime d’ailleurs que les avocats ont été une gêne pour l’enquête. Plus d’une heure et demie à la barre d’un tribunal ça doit être très long, surtout lorsqu’on n’est pas habitué à siéger depuis la barre !

Lorsque Thierry Perriquet arrive, bronzé et visiblement plus détendu que ne l’était le procureur, on se dit qu’il risque lui aussi de passer un moment désagréable. Il n’en sera rien. Certainement parce que ce magistrat, à qui la défense et certaines parties civiles reprochent d’avoir un peu vite renvoyé Grande Paroisse et Serge Biechlin devant le tribunal correctionnel, n’était pas le juge instructeur au début de l’enquête. Sans doute aussi parce que tous ont, pendant l’instruction, trouvé en lui, outre des compétences professionnelles indéniables (Dominique Baudis peut d’ailleurs remercier son opiniâtreté), une qualité d’écoute réelle et une volonté évidente de trouver la vérité. À sa sortie du tribunal, l’actuel conseiller à la Cour d’Appel de Monaco, se demande tout de même pourquoi il est venu et à quoi son audition a pu servir puisque seules quelques questions lui ont été posées alors qu’il s’attendait à devoir se justifier de son travail. Preuve que parfois ces auditions ne sont pas si éclairantes que cela … 

Après que ces deux magistrats ont été entendus, la question est maintenant de savoir si cela ne va pas, dans les prétoires Français, devenir la norme. S’il ne sera désormais pas normal pour ceux qui construisent les dossiers de venir se justifier devant le justiciable ! Certains y voient une dérive à l’américaine, d’autre un juste retour des choses après l’affaire d’Outreau, à moins que ce ne soit une évolution de la société française, qui amène nos compatriotes à vouloir regarder les faits à travers les yeux de
la Justice ! Et dire qu’elle est aveugle …

Frédéric Arrou :  » Il est très rassurant de voir se dégonfler les postures trop assurées de certains « 

Créé par le 27 mar 2009 | Dans : justice / azf

Frédéric Arrou est depuis 7 ans le Président de l’Association des Sinistrés du 21 septembre. Dynamique et déterminé il est la voix des sans voix, de tous ceux qui furent des victimes collatérales de la catastrophe AZF à Toulouse. Trois semaines après l’ouverture d’un procès qui doit durer 4 mois (au moins) il a accepté de répondre à nos questions. 

Le procès est maintenant ouvert depuis 3 semaines, que pensez-vous de ce qui s’est dit ? 

Frédéric Arrou : Ce procès est passionnant et c’est ma première surprise. J’avais peur de m’ennuyer et de ne rien comprendre. Au contraire depuis le début des audiences je découvre et j’apprends. Je découvre par exemple que l’on peut venir mentir à la barre. Cela, c’est produit à trois reprises (au moins), certains témoignages et confrontations m’ont d’ailleurs profondément marqué. 

Lesquels ? Vous semblent-ils en faveur de l’instruction alors que certaines parties civiles dénoncent les conclusions de celle-ci ?  FA : Parmi les moments forts, je citerai le témoignage de Gabriel Ullmann qui est aux antipodes des discours présentant l’usine AZF comme modèle. Le face-à-face entre Gildas Thomas et le Colonel Claude Donin (pompier) fut un moment extraordinaire. J’ai aussi trouvé le témoignage du Commissaire Robert Saby, en opposition complète à celui de Monsieur Berthes (premier président de la Commission d’Enquête Interne de Grande Paroisse) étourdissant. Je trouve qu’il a encore été meilleur lors de son deuxième passage devant le tribunal. Il reste toutefois très difficile pour moi de dire à qui profitent ces témoignages. L’élément constant, c’est la divergence profonde des uns et des autres. Les apologues m’étonnent, j’ai le sentiment très subjectif d’une parole de la défense, convenue à l’avance, avec en point de mire, l’objectif suprême de ne pas mouiller Total. Je suis avant tout et surtout très impressionné par le Président Thomas Le Monnyer. Sa connaissance du dossier, la précision de ses questions, le ton ferme et modéré qui est le sien sont impeccables. C’est  à lui que nous devons la tenue des débats, c’est lui qui donne tout son crédit à ce procès. 

Qu’attendez-vous de ce procès et comment voyez-vous les choses évoluer dans les semaines à venir ?   

FA : Les semaines à venir devront répondre à d’autres questions. J’étais en particulier impatient d’entendre le juge Thierry Perriquet (magistrat instructeur) s’expliquer sur son instruction. Il y a aussi certains témoignages qui n’apportent rien et ne servent à rien d’autre qu’à aller boire un café, ce n’est pas si mal !  Il est très rassurant de voir se dégonfler les postures trop assurées de certains. Le ridicule de ceux qui viennent donner des leçons aux magistrats, aux policiers, aux experts, aux journalistes en se parant eux-mêmes de toutes les vertus tourne à la pantalonnade. C’est un grand plaisir. 

Pourquoi avez-vous demandé à votre avocate de toujours Agnès Casero de ne plus assurer votre défense ? Et que vous apporte votre nouvel avocat ? 

FA : Nous avons décidé de ne plus solliciter Maître Casero parce qu’elle a préféré défendre une position qui n’était pas la nôtre. Elle s’est exclue elle même. Maître Léguevaques nous défend toujours mais c’est Maître Simon Cohen, qui m’a très profondément bouleversé lors de sa plaidoirie est devenu notre avocat.

A Besançon des plantes et des bactéries depollueront une ancienne friche industrielle

Créé par le 16 mar 2009 | Dans : environnement / developpement durable

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Dans le cadre de la restructuration d’une ancienne friche industrielle, située à proximité du centre-ville, et qui accueillera dès 2013 une promenade, une centaine de logements sociaux, un axe de circulation douce le long du Doubs, la SMAC (Salle des musiques actuelles), un site culturel, un Port fluvial etc. la Ville de Besançon lance un système de dépollution unique en France.  

lourds etEn effet, sur le site des Près de Vaux, situé face à la Citadelle de Vauban, des plantes et des bactéries seront utilisées pour dépolluer les sols (métaux  lourds, hydrocarbures), l’air, l’eau (nappe et ruissellements), et débarrasser le site des plantes invasives.

Les travaux doivent débuter en 2010, et utiliseront plusieurs techniques telles que :

 La phytostabilisation ou phytoséquestration qui consiste à utiliser les plantes en prairies (notamment le trèfle), pour réduire la mobilité des polluants des sols par précipitation, adsorption ou absorption par les racines, ou simplement en limitant l’érosion.

La phytoextraction et la phytovolatilisation, destinées à traiter les métaux lourds et les hydrocarbures avec des plantes telles certaines graminées (avoine, orge). 

Sur ce site on trouvera également une tranchée biologique qui atteignant la nappe phréatique et partiellement remplie d’un substrat riche en nutriment, et habitée par un écosystème complexe permettra de traiter de très nombreux polluants organiques et inorganiques et sera munie en aval d’un filtre à tourbe (casier rempli de tourbe remplacée régulièrement) dont la vocation est de séquestrer des particules et de polluants organiques ou inorganiques non traités par les autres techniques.

Souhaitons que cette initiative bisontine soit couronnée de succès et puisse être reproduite sur de nombreux sites en France.

Le procès AZF commencera-t-il cette semaine ?

Créé par le 16 mar 2009 | Dans : justice / azf

Depuis maintenant près d’un mois, le procès destiné à définir les responsabilités dans l’explosion de l’usine AZF, se tient à Toulouse. Entrant dans sa 4e semaine, il a évoqué de nombreux sujets mais pour le moment, en dehors du témoignage des victimes, beaucoup de domaines sont explorés à l’exception tout de même notable des faits. 

On a parlé de l’usine, des produits qu’elle fabriquait, de la sécurité, de la sous-traitance mais de l’explosion point encore ! C’est tout de même fort étonnant et cela commence à prodigieusement agacer les avocats de la défense qui par l’intermédiaire de Maître Daniel Soulez-Larivière se sont étonnés par deux fois la semaine dernière des soins pris par la justice pour éviter d’évoquer le sujet principal, ce pour quoi sont jugés les 4 prévenus, l’explosion du hangar 221. Les parties civiles, elles aussi commencent à s’impatienter et souhaitent que la justice parle enfin de ce qui est le cœur de ce procès. 

On peut espérer que cette semaine le tribunal correctionnel va entrer dans le vif du sujet puisque l’expert Daniel Van Schendel doit être entendu pour la première fois le 19 mars. Il viendra parler au tribunal de sa première note, datée du 28 septembre 2001 (soit une semaine après les faits) dans laquelle il instaure l’idée d’un accident chimique dont les causes restent alors à définir. Les premières batailles sur les causes de
la catastrophe AZF devraient alors débuter. 

Le tribunal entendra également un autre expert, François Barat, ancien responsable du laboratoire de chimie de la CRAM d’Aquitaine, chargé des analyses chimiques du drame. Curiosité juridique, il déposera, le 20 mars, comme témoin ! En effet, le Procureur de la République souhaite savoir ce que « M. Barat a fait, vu, entendu et fait » pendant les jours qui ont suivi la catastrophe, alors qu’il effectuait sur le site de Grande Paroisse, des relevés d’amiante. 

D’autres témoins, très nombreux, seront également entendus, lors de ces audiences, tels l’ancien Préfet de Haute-Garonne, Hubert Fournier, l’ancien directeur du SRPJ de Toulouse, M. Dumas ou l’ancien DRIRE, M. Dorison. On attend également l’éventuelle venue, le 19 mars, de Lionel Jospin, alors que Jacques Chirac et Laurent Fabius ont déjà fait connaître leurs intentions de ne pas se présenter devant le Tribunal. Quelle sera la position de l’ancien Premier Ministre, qui était également au moment des faits, un élu de Haute-Garonne ? 

Rappel :
la catastrophe AZF a fait 31 victimes, des centaines de blessés et de très importantes destructions matérielles, le 21 septembre 2001 à Toulouse. La justice a conclu à une explosion accidentelle par mélange de deux produits incompatibles, ce que réfute les principaux accusés. Depuis le 23 février 2009, Serge Biechlin, le groupe Grande Paroisse, rejoint par jonction des deux dossiers par Total SA et Thierry Desmarest (si toutefois la citation directe est recevable) sont jugés par le tribunal correctionnel de Toulouse, présidé par Thomas Le Monnyer.
 

Certaines parties civiles dénoncent des différences de traitement et le Procureur une violation du secret de l’instruction !

Créé par le 15 mar 2009 | Dans : justice / azf

Cette semaine, le tribunal correctionnel de Toulouse se penchait principalement sur les questions techniques concernant l’usine, son fonctionnement ainsi que les questions de sécurité. Les témoignages furent essentiellement techniques mais ont laissé apparaître certains éléments qui irritent certaines parties civiles.

Ainsi mardi, alors qu’étaient entendus deux chimistes renommés (le Professeur Armand Lattes et le Professeur Bernard Meunier), le Procureur les accusa-t-il de violation du secret de l’instruction puisque n’étant pas partie civile, ils n’avaient a priori par à avoir connaissance des produits incriminés et des expertises réalisées. Ces deux témoins (dont on peut d’ailleurs s’étonner qu’ils ne soient pas experts) ont admis qu’ils avaient effectivement par différents biais eu connaissance de certains éléments de ce dossier. Ceci dit l’ingénieur de l’armement Quichon qui devait déclarer qu’il avait rencontré les experts nommés par le juge d’instruction et tenir ses sources de la presse, mais qui soutient la thèse officielle, ne se vit pas questionner sur ce point.  Cette attaque du Parquet est tout de même très curieuse quand on sait qu’une grande partie du dossier de l’instruction et notamment les expertises pouvaient être consultée sur internet en accès libre jusqu’en février 2008 ! Que fait la justice !!!!

D’autres part plusieurs parties civiles, celles qui généralement ne sont pas en accord avec les conclusions de l’instruction, l’Association Mémoire et Solidarité, par la voix de son Président Jacques Mignard mais aussi Monique Mauzac et d’autres certainement moins connues, s’étonnent des différences de traitement entre les témoins selon que leurs dires viennent ou non étayer les thèses de l’accusation. Comme le soulignait en fin de semaine Madame Mauzac, « si ce procès n’est en fait qu’une condamnation jouée d’avance, qu’on nous le dise, on ne perdra pas 3 mois à écouter des contre vérités et à attendre une vérité qu’on semble nous refuser ». Certains médias, dont le Blog Finance, s’étonnaient également, cette semaine, du traitement particulièrement à charge de la part du Président du Tribunal à l’encontre des principaux accusés et plus particulièrement de Serge Biechlin.

Le Président Thomas Le Monnyer insistait au début du procès sur le fait que ce procès serait une réussite si toutes les pistes étaient exposées sans a priori, il ne semble pas à ce jour d’après ces parties civiles que ce soit totalement le cas ! A suivre …

La troisième semaine sera consacrée au fonctionnement de l’usine

Créé par le 10 mar 2009 | Dans : justice / azf

Après une première séance, vendredi lors de laquelle une première présentation de l’usine et de son fonctionnement fut à l’ordre du jour, la troisième semaine du procès AZF s’ouvre aujourd’hui. Elle sera consacrée à l’usine AZF dans ses moindres détails. Toute la semaine, le Tribunal entendra des experts en organisation du travail, chargés de la sécurité des pôles industriels ainsi que des anciens salariés afin de comprendre comment fonctionnait AZF Toulouse, quels étaient les bons ou les mauvais points et si cela a pu avoir une incidence sur les événements survenus le 21 septembre 2001.  La première semaine du procès avait été consacrée principalement à des questions de droit et avait amené le tribunal correctionnel de Toulouse à désigner deux prévenus complémentaires, le groupe Total et M. Thierry Desmarest, PDG du groupe au moment des faits (si toutefois la citation directe est recevable, ce que combattent le Procureur de la République et la défense). Les témoignages de victimes, des secours et des associations qui se sont constituées après l’explosion ont été les points marquants de la seconde semaine de ce procès prévu pour durer 4 mois, sous la Présidence de Thomas Le Monnyer. 

Rappelons que la justice a, après une longue instruction, renvoyé M. Serge Biechlin et le groupe Grande Paroisse (aujourd’hui GPN) devant le tribunal correctionnel pour avoir le 21 septembre 2001 causé par mélange de deux produits incompatibles (le nitrate d’ammonium et le DCCNa – dérivé chloré) l’explosion de l’usine AZF à Toulouse et avoir ainsi provoqué la mort de 31 personnes, en avoir blessé des milliers d’autres et avoir endommagé près de 30 000 logements. 

Chantal Jouanno convoque des Etats Généraux du risque industriel

Créé par le 10 mar 2009 | Dans : environnement / prevention des risques

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Alors que depuis 3 semaines, le procès AZF s’est ouvert à Toulouse, Chantal Jouanno, Secrétaire d’État chargée de l’Écologie, a écouté les demandes insistantes des associations et plus particulièrement de France Nature Environnement (FNE) et décidé d’organiser des États Généraux sur les risques industriels.  

 Joint ce jour le Secrétariat d’État n’est pas encore en mesure de donner une date pour la tenue de la première rencontre qui devrait avoir lieu en avril mais promet que tout sera mis en œuvre afin que tous les acteurs soient présents et puissent prendre de nouvelles mesures destinées à renforcer la loi Bachelot. Cette loi votée en 2003, en réponse à l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse avait mis en place les plans de prévention des risques technologiques. Si de nombreuses études ont déjà été réalisées dans les installations industrielles et classées, ces plans n’ont pas été mis en place à la vitesse espérée et la Secrétaire d’État estime qu’il y en a encore au moins 423 à mettre en œuvre. Tandis que le responsable des risques industriels de FNE, Marc Sénat, insiste sur le fait que seuls 5 de ces plans de prévention ont été réalisés.  

Cette lenteur semble s’expliquer par la complexité à mettre en place la législation actuellement en vigueur. Celle-ci oblige les industriels à réduire les risques à la source ou lorsque cela est impossible à créer des périmètres de sécurité suffisants. La mise en place de ces périmètres qui oblige à des expropriations,  est souvent très longue quand ce n’est pas le coût soci al de telles opérations qui fait reculer les décideurs.  

En attendant de voir ce que le Gouvernement peut mettre en œuvre pour rendre ces réglementations plus performantes, ceux qui furent les acteurs du Grenelle (administration, élus locaux, syndicats, entrepreneurs et associations) s’apprêtent donc une fois encore à se retrouver pour apporter des solutions concrètes à un problème qui inquiète de plus en plus les Français. 

La parole donnée aux victimes

Créé par le 05 mar 2009 | Dans : justice / azf

Depuis le début de ce procès il y a près d’une semaine, on ne les a presque pas vues et encore moins entendues, discrètes, attentives aux débats, les familles des victimes ont été jusqu’à aujourd’hui les grandes absentes des débats. Il était donc temps de leur donner la parole afin qu’elle donne un visage à cette catastrophe qui avant d’être un drame industriel et avant tout un drame humain. 

Émus mais pas résignés ils vont se succéder à la barre avec leurs doutes et leurs espoirs de pouvoir enfin faire leur deuil, Madame Ledoussal, dont le mari Thierry était responsable environnement de l’usine, répète les paroles prémonitoires de ce dernier « il n’en faudrait pas beaucoup pour ça saute » et continue de regretter que l’ordinateur de son époux n’ait pas été retrouvé, tandis que ses enfants évoquent une enfance volée. 

La sœur de Bernard Lacoste, dont le père décédé récemment était resté proche des ouvriers, ne les accable d’ailleurs pas mais raconte combien sont difficiles les Noël en famille alors que son frère était né un 25 décembre.  Monsieur Ratier aussi, Président digne de l’Association des Familles Endeuillées, qui nous confiait il y a quelques semaines « vouloir comprendre comment des dirigeants d’usine ont pu laisser faire cela mais dit également n’en vouloir qu’à ceux qui ont pris la décision de faire fabriquer ces deux produits au même endroit et non pas à ceux qui étaient responsables de l’usine à ce moment » vient expliquer la manière atroce dont il a appris la mort de son fils … à la télévision. Il vient témoigner en sa mémoire et pour les humains. Alain Ratier avait 35 ans et travaillait chez Otis. 

Ils vont ainsi se succéder les uns après les autres, tous brisés mais dignes puis ce sont les grands blessés, souvent oubliés de ce drame qui prendront la parole pour faire connaître ce qu’ils ont vécu parmi lesquels Stéphanie Mazera, cette jeune femme que beaucoup de Toulousains ont découvert lors de l’émission spéciale de France 3 Sud, qui a perdu l’usage d’un bras et fut sauvée comme elle le raconte avec émotion par Georges Paillas, contremaître du hangar 221 lui-même blessé. En ce moment c’est au tour des associations de victimes d’être entendues. Demain le Président Thomas Le Monnyer prévoit de parler de l’histoire de l’usine, une histoire longue de huit décennies. 

Le ton monte au procès AZF

Créé par le 05 mar 2009 | Dans : justice / azf

Au terme d’une première semaine où le droit pur le disputa à l’émotion, le procès AZF est maintenant lancé. Ce mardi, le tribunal devait entendre un certain nombre de témoins notamment les pompiers qui sont intervenus sur place le 21 septembre. Pourtant tout ne s’est pas déroulé comme prévu.

C’est tout d’abord Maître Jean Veil, qui dès l’ouverture de la séance lance les hostilités, représentant le groupe Total il estime que la décision du Tribunal Correctionnel à l’encontre de ses clients ne leur assure pas l’équité qu’ils sont en droit d’attendre de la justice. Estimant que cette décision est injuste, il déclare qu’il leur sera impossible de se préparer leur défense et qu’ils partent avec un désavantage qui pourrait l’amener non seulement à faire appel de cette décision mais également à saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme de cette question.

Maître Simon Cohen en réponse dénonce des manœuvres des conseils de Total visant à faire peser sur le procès un risque de nullité, le Président Thomas Le Monyer que certains observateurs décriront comme agacé, répond que tout sera mis en œuvre d’une part pour que Total et M. Thierry Desmarest aient le droit à la défense qu’il convient et d’autre part puissent faire appeler les témoins qui leur sembleront utiles. Il rappelle que le groupe et son Président ne seront entendus qu’au mois de juin et estime que ce laps de temps doit leur permettre de se préparer.

L’usine avant / après

Une fois ces questions de procédure réglées … pour le moment ! Une présentation de l’usine est projetée sur les écrans géants de la salle Jean Mermoz, le Président Thomas Le Monnyer expose l’emplacement des différents bâtiments puis, reprenant le rapport final du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail de l’usine, place une à une les différentes victimes. Le moment est chargé d’émotion tant pour les parties civiles qui ont perdu des proches que pour les anciens salariés d’AZF.

Des Pompiers sans moyens et un premier accrochage entre témoins

Le Tribunal entend ensuite des officiers pompiers cités par des parties civiles, venus expliquer la manière dont ils ont travaillé le jour de la catastrophe. Ce qui ressort de ces auditions ce sont les manques de moyens et des effectifs, certes importants mais difficiles à gérer, devant répondre à une crise sans précédent. Ces témoignages ne sont pas en mesure de changer le cours de l’histoire mais l’éclaire d’un jour différent. Ainsi le Lieutenant-Colonel Auriac soulignera la présence dès l’après midi du drame, dans l’usine de trop nombreuses personnes qui n’avaient rien à y faire et qualifiera cet épisode de « malsain ».

Quand au Colonel Claude Donin, alors en charge de l’organisation des secours, il fait, au détour de son récit une déclaration particulièrement singulière. Contrevenant à toutes les normes et mesures habituellement prises par les pompiers lorsqu’ils doivent relever des corps, il reçoit dans le courant de l’après-midi (environ 18 heures), l’ordre de cesser ses opérations et de laisser faire l’institut médico-légal en ce qui concerne les personnes décédées. Le problème est que le pompier ne sait plus à ce jour qui lui a donné cet ordre, la Préfecture, le Procureur de la République, tout cela est bien curieux … Mais cela peut être éclairant pour la suite du débat qui a amené un premier incident entre témoin.

C’est l’ancien directeur des relations humaines de l’usine, Gildas Thomas, jamais entendu par la justice jusqu’à maintenant, mais cité par l’Association AZF Mémoire et Solidarité qui regroupe les anciens salariés de l’usine, qui va amener cet incident. Il déclare au tribunal avoir reçu le 21 septembre au soir du Colonel Donin, une liste de victimes consignant 29 noms. Le lendemain l’officier lui aurait demandé de le la lui rendre parce qu’elle comportait des erreurs, ce qu’il fit. Il est fort étonné lorsque quelques mois plus tard, il découvre que d’après les chiffres officiels le bilan est de 28 morts. Il précise même que lors d’un match de football amical entre les salariés d’AZF et les pompiers, en 2002, il a évoqué cette question avec le Colonel Donin, lequel lui aurait répondu que de toute façon « on ne saurait jamais ce qui s’était passé ».

Le pompier aujourd’hui en retraite nie tout en bloc et le Président Le Monnyer demande alors qu’une confrontation soit organisée à la barre. Chacun reste sur ces positions si bien que le Président en demande son point de vue à Serge Biechlin (ancien directeur de l’usine et principal prévenu) qui confirme l’existence de cette liste comportant 29 noms. Le tout maintenant est de savoir qui ment et pourquoi mais il est plus de 22 heures et le Président lève la séance. La journée de demain sera à n’en pas douter particulièrement émouvante, c’est au tour des familles des victimes de venir apporter leur témoignages.

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